Aru, Ituri, La migration croissante des jeunes en provenance du territoire de Mahagi vers les zones minières du Haut-uelé, en passant par la commune d’Aru, suscite de vives préoccupations au sein de la population locale. Si ce déplacement est motivé par la recherche d’opportunités économiques, ses conséquences humaines et sanitaires deviennent de plus en plus préoccupantes.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, de nombreux jeunes perdent la vie dans les sites miniers du Haut-uelé, victimes notamment d’éboulement, de noyades ou de maladies. Une fois décédés, leurs corps sont généralement rapatriés vers leurs villages d’origine à Mahagi, souvent dans des conditions jugées inappropriées.
Des sources locales rapportent que certaines dépouilles sont transportées à moto plusieurs jours après le décès, sans mesures de conservation adéquates. Durant leur transit à Aru, les motos transportant les corps restent parfois stationnées dans des espaces publics pendant plusieurs heures, en attendant d’être relayées par d’autres conducteurs.
La semaine dernière, au moins trois dépouilles en provenance du Haut-Uelé ont ainsi transité par la commune d’Aru.
Plusieurs habitants dénoncent une situation récurrente qui expose la population à des risques sanitaires et porte atteinte à la dignité des défunts.
Un incident particulièrement troublant a récemment été signalé. Selon des témoins, un motocycliste venu du Haut-Uelé aurait tenté, avec l’aide d’un compagnon, d’abandonner une dépouille dans une fosse située dans l’enceinte d’une église de la commune, faute de pouvoir poursuivre son voyage.
Dans un autre cas, les fidèles de l’église CECA 20 Ania ont découvert avec stupéfaction, à la sortie du culte dominical, une dépouille transportée sur une moto stationnée devant leur lieu de prière.
Face à cette situation, plusieurs habitants appellent les autorités administratives, sanitaires et sécuritaires à prendre des mesures urgentes pour encadrer le transport des dépouilles et renforcer le contrôle des mouvements entre le Haut-Uelé, Aru et Mahagi.
Les acteurs de la société civile plaident également pour une sensibilisation accrue des familles concernées et la mise en place de procédures sanitaires conformes aux normes en vigueur afin de préserver la santé publique et de garantir un traitement digne des personnes décédées.
André Lucas