Isiro, 15 juin 2026, les activités de deuil décrétées par le personnel soignant ont débuté ce lundi dans toute la province du Haut-Uélé. Baptisé « Hôpitaux et Centres de Santé en deuil », ce mouvement de trois jours est organisé pour dénoncer les violences répétées dont sont victimes les professionnels de santé.

À Isiro et dans plusieurs territoires de la province, une marche pacifique a été organisée ce lundi. Les participants se sont rendus au Gouvernorat ainsi qu’aux bureaux des territoires et chefferies pour y déposer un mémorandum adressé au Gouverneur de province. Dans ce document rendu public le 11 juin, l’Intersyndicale du secteur de la santé dénonce une situation sécuritaire préoccupante marquée par des agressions et des atteintes à l’intégrité du personnel soignant.

Les syndicats évoquent notamment l’assassinat de l’infirmier Thomo Emmanuel Akemane, tué le 6 juin dernier à l’Hôpital secondaire Anoalite de Mungbere, la disparition de l’infirmier Blaise Tomu depuis le 27 avril à Abakudu/Gombari, ainsi que l’agression d’un médecin au Centre médical La Fraternité le 26 mai dernier. Selon l’Intersyndicale, ces actes constituent une menace grave contre la profession soignante et la paix sociale.
Le mouvement se poursuivra les 16 et 17 juin avec un service minimum dans les structures sanitaires de la province. À travers leur mémorandum, les professionnels de santé réclament notamment la justice pour les victimes, la sécurisation des établissements sanitaires, la prise en charge des familles touchées ainsi que la recherche active de l’infirmier Blaise Tomu. Signé par onze organisations syndicales, le document se conclut par un message fort : « La douleur ne nous fera pas taire. La peur ne nous fera pas reculer. »
Victorine Bavunguwe