Le climat social se détériore au Centre de Traitement Ebola (CTE) de la zone de santé de Tchomia, en province de l’Ituri. Les agents prestataires engagés en première ligne dans la riposte contre la maladie à virus Ebola réclament le paiement de quatre mois d’arriérés de rémunération, à savoir les mois de mai, juin, août et septembre 2026.
Dans un mémorandum adressé au Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, dont copie est parvenue à la rédaction d’AigleNews.net, ces agents décrivent une situation de précarité insoutenable. Ils dénoncent une dégradation de leurs conditions de vie et alertent que ce dysfonctionnement financier risque de compromettre la continuité et la qualité des services au sein du CTE.
Les prestataires s’interrogent sur l’opacité dans la gestion de leur paie. Ils s’étonnent notamment que le salaire du mois de juillet ait été liquidé alors que les arriérés des mois de mai et juin restaient impayés. Une gestion qu’ils jugent incohérente et qui alimente la méfiance envers les structures de paie.
Dans leur mémorandum, les signataires dénoncent par ailleurs une présumée inégalité de traitement entre les prestataires congolais et leurs homologues ougandais affectés dans la riposte transfrontalière. Selon eux, ces derniers percevraient régulièrement leurs primes, contrairement aux Congolais. Des allégations qui restent à vérifier auprès des autorités sanitaires et des partenaires techniques et financiers.
Face à cette crise, les agents du CTE de Tchomia exigent le paiement urgent et intégral des sommes dues, la communication d’un calendrier clair de régularisation et la mise en place d’un mécanisme durable pour éviter de nouveaux retards. Ils sollicitent une réponse officielle dans un délai de 48 heures après réception du mémorandum et n’excluent pas de déclencher un mouvement de grève si aucune solution concrète n’est apportée, tout en affirmant privilégier le dialogue pour préserver la riposte.
Michaël PIZUNGA