novembre 1, 2026

La tension reste vive autour du marché frontalier d’Adyinga, situé dans la chefferie des Otso, sous la colline de Mandziriko, en territoire d’Aru, dans la province de l’Ituri. Depuis le lundi 17 septembre, des éléments des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) sont toujours déployés au poste de contrôle de Mandziriko, empêchant l’entrée en République démocratique du Congo de véhicules, motos et triporteurs transportant des marchandises.


Selon les constats effectués sur place par la rédaction d’Aigle News, plusieurs dizaines de militaires ougandais occupent différents axes reliant le tronçon Vura–Logiri au territoire congolais. Cette présence militaire perturbe fortement les activités commerciales du marché d’Adyinga, qui accueille habituellement des commerçants congolais et ougandais chaque mardi et vendredi.


En mission de terrain pour s’imprégner de la situation, le président du Conseil de la jeunesse de la chefferie des Otso a rencontré le responsable des forces de l’UPDF déployées sur ce tronçon. Selon les informations recueillies lors de cet échange, l’officier ougandais a indiqué que ses éléments ne feraient qu’appliquer les instructions reçues de leur hiérarchie.


Toujours d’après les mêmes informations, l’officier aurait reçu pour instruction d’interdire tout moyen de transport acheminant des marchandises vers la RDC sur cet axe. Il aurait également appelé les autorités congolaises à engager des négociations avec la partie ougandaise afin de trouver une issue à cette situation.


Pour plusieurs acteurs locaux, cette mesure risque d’affaiblir considérablement les activités du marché d’Adyinga, voire de compromettre sa survie. Ce marché avait connu une forte croissance à la suite de la fermeture de la frontière et du marché frontalier du côté ougandais durant l’épidémie de la maladie à virus Ebola. Depuis la reprise des activités, de nombreux commerçants et consommateurs ougandais traversent la frontière pour s’approvisionner à Adyinga, devenu un important centre d’échanges transfrontaliers dans la région.


Certains habitants et responsables locaux évoquent également l’hypothèse d’une volonté des autorités ougandaises de limiter l’affluence de leurs ressortissants vers le marché d’Adyinga, en raison notamment de son importance commerciale croissante. Toutefois, ces affirmations, recueillies auprès de sources locales, n’ont pas été officiellement confirmées par les autorités ougandaises et doivent donc être considérées avec prudence.


Les militaires de l’UPDF présents à Mandziriko auraient par ailleurs indiqué que le dispositif de contrôle serait maintenu lors des différents jours de marché. Cette situation suscite des inquiétudes parmi les opérateurs économiques et les habitants de la chefferie des Otso, qui craignent des répercussions sur les revenus des commerçants, les échanges transfrontaliers et l’approvisionnement des populations vivant de part et d’autre de la frontière.
La rédaction d’Aigle News continue de suivre l’évolution de la situation et reste dans l’attente des réactions officielles des autorités congolaises et ougandaises.

André Lucas

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