La riposte contre la maladie à virus Ebola au Nord-Kivu fait face à des difficultés supplémentaires. Ce lundi, le secteur de Kyaghala, à Butembo, a connu des troubles qui compromettent les actions des équipes de lutte contre la maladie.
Entre barricades, pneus incendiés et protestations, la population locale exprime un rejet croissant de certaines opérations liées au dispositif sanitaire. Ces tensions interviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par un incident survenu quelques jours plus tôt.
Selon les informations rapportées, le corps d’une personne suspectée d’avoir été emportée par Ebola aurait fait l’objet de manipulations après l’ouverture forcée du cercueil dans cette zone de l’Est de Butembo. Cette situation a alimenté la colère et renforcé la méfiance de certains habitants vis-à-vis des équipes intervenant dans le cadre de la réponse à Ebola.
Par ailleurs, depuis le week-end, des rumeurs circulent dans la communauté et sur les réseaux sociaux concernant l’existence d’un couvre-feu à Kyaghala. D’après ces allégations, ce couvre-feu aurait été décidé afin de permettre aux équipes de riposte de retrouver les contacts d’un cas confirmé. Toutefois, aucune autorité n’a, à ce stade, confirmé officiellement l’instauration d’une telle mesure.
Cette absence de communication officielle, conjuguée aux tensions liées à l’incident précédent, crée un climat défavorable à la mobilisation et à l’adhésion de la population, deux éléments essentiels au bon déroulement des opérations de riposte.
Les manifestations observées à Kyaghala montrent que la riposte contre Ebola ne dépend pas seulement des interventions médicales, mais aussi de la confiance et de l’acceptation de la communauté. Dans l’immédiat, il devient crucial d’apaiser les tensions, de clarifier rapidement les informations circulant dans le public notamment celles concernant un éventuel couvre-feuet de renforcer le dialogue avec les habitants pour éviter que les opérations de lutte ne soient davantage perturbées.
Dieumerci Basimaki depuis Komanda