Le calme a cédé la place à la tension ce lundi 23 juin 2026 au sein de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales d’Isiro, ISTM Isiro en sigle,au chef-lieu de la province du Haut-Uélé. Le personnel scientifique et administratif a lancé une grève sèche jusqu’à nouvel ordre. Le mouvement a débuté par une marche pacifique, encadrée par le service d’ordre, reliant le campus de l’ISTM jusqu’à l’Assemblée provinciale où un mémorandum de revendications a été lu et officiellement déposé.
À la base de cette paralysie : une grogne profonde contre la gouvernance en place. Le personnel accuse le comité de gestion actuel d’une gestion jugée opaque, autoritaire et déconnectée des réalités du terrain depuis plus de 12 ans. Pour les grévistes, il est temps de rompre avec un système qu’ils qualifient de bloquant pour l’avenir de l’institution et la formation des futurs professionnels de santé.
Contacté par Aigle News.net dans le mémorandum adressé à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Recherche Scientifique et Innovation Technologique, le personnel réclame le départ immédiat du Directeur Général, Professeur Gambalimuke Sylvestre, et de toute son équipe. Ils leur reprochent : le manque total de collaboration, une gestion financière opaque et chaotique, l’absence de promotion du personnel, l’absence de vision managériale, l’instauration d’un réseau d’espionnage interne, et la promotion des antivaleurs au détriment du mérite.
Le Président de l’Assemblée provinciale, l’Honorable Zamba Ndezu, a réceptionné la correspondance des agents. Il a promis de la transmettre à la tutelle à Kinshasa tout en appelant les grévistes au calme et à la patience, en attendant la réaction de la hiérarchie. Pour lui, le dialogue reste la voie privilégiée pour désamorcer la crise et préserver l’année académique des étudiants.
Conduite par l’Assistant Etienne Mazambula, la délégation du personnel s’est dite très préoccupée par la dégradation du climat social. Les grévistes affirment rester mobilisés et déterminés jusqu’à l’obtention d’une réponse claire et d’un changement à la tête de l’ISTM. « Nous ne reprendrons les activités que lorsque des signaux forts de bonne gouvernance seront posés », a déclaré un porte-parole.
Cette grève met en lumière les défis de gouvernance qui minent plusieurs institutions d’enseignement supérieur en province. Pour le Haut-Uélé, l’ISTM Isiro représente un centre stratégique de formation médicale. Les autorités, le comité de gestion et le personnel sont donc attendus sur la question de la transparence, de la méritocratie et de la vision de développement. L’avenir de centains d’étudiants dépend désormais de l’issue de cette crise.
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