Un nouveau drame fluvial a plongé la province du Kasaï, située au centre de la République démocratique du Congo, dans une profonde consternation.
Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 juillet 2026, une baleinière a chaviré au niveau de la confluence des rivières Kasaï et Sankuru, dans le territoire d’Ilebo.
Selon un bilan provisoire communiqué par les autorités locales, le sinistre a fait au moins 20 morts, 80 rescapés et plus d’une centaine de personnes portées disparues.
Les survivants ont été secourus grâce à l’intervention rapide de pêcheurs locaux présents à proximité du lieu du drame, caractérisé par un courant particulièrement violent.
D’après des sources concordantes, parmi les passagers figuraient de nombreux élèves qui regagnaient leur domicile après les épreuves de l’Examen d’État.
Joint par RFI, l’administrateur du territoire d’Ilebo, Abdoul Muaha, impute ce drame à la surcharge en passagers et en marchandises.
« Il n’y avait pas de gilets de sauvetage. La baleinière était surchargée, et c’est ce qui a provoqué ce naufrage », a-t-il affirmé.
L’autorité territoriale indique par ailleurs que cette embarcation, qui assurait la liaison commerciale entre le port de Kalina, à Ilebo, et la province du Sankuru, aurait quitté le port en pleine nuit. Elle annonce, de ce fait, l’ouverture de poursuites judiciaires contre les agents affectés à ce port, soupçonnés d’avoir autorisé le départ de la baleinière en violation de la réglementation en vigueur.
« La navigation nocturne est formellement interdite. Nous disposons de services affectés à ce port qui devraient veiller au respect de cette mesure. À l’heure où je vous parle, tous les agents qui y étaient commis sont à la disposition de la police pour les besoins de l’instruction », a fait savoir Abdoul Muaha.
Bien que des équipes de secours continuent de ratisser les berges afin de repêcher d’éventuelles victimes ou de porter assistance à d’éventuels rescapés, les chances de succès de cette opération restent minces, a indiqué l’administrateur du territoire d’Ilebo.
« Les recherches se poursuivent. Malheureusement, à l’endroit où s’est produit ce naufrage, il n’y a aucun village à proximité. En outre, le courant y est très fort et, dans de telles conditions, il est pratiquement impossible de retrouver des survivants », a souligné Abdoul Muaha.
De son côté, la société civile d’Ilebo condamne fermement l’irresponsabilité et la cupidité de certains exploitants fluviaux, au détriment de la sécurité des passagers.
Elle exige des sanctions exemplaires, un contrôle technique rigoureux des embarcations ainsi que le port obligatoire de gilets de sauvetage pour chaque passager.
L’émotion demeure vive au Kasaï et au Sankuru, où de nombreuses familles sont toujours sans nouvelles de leurs proches. Le bilan, encore provisoire, risque malheureusement de s’alourdir dans les heures à venir.
Alphani Byaômbe Alidor