Le gouverneur de la province du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, vient de frapper d’interdiction la marche pacifique prévue ce mercredi 09 septembre 2026 ainsi que la journée ville morte annoncée par la Synergie de la Société Civile et le Conseil provincial de la jeunesse. Une décision ferme contenue dans une correspondance officielle rendue publique ce lundi 08 septembre 2026.
Pour justifier cette mesure d’interdiction, l’exécutif provincial invoque un double contexte particulièrement délicat. D’une part, la situation sécuritaire volatile qui prévaut dans la province et dans la ville d’Isiro, qui ne tolère aucun débordement. D’autre part, et surtout, la situation sanitaire alarmante liée à la résurgence de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui impose, selon les mesures nationales en vigueur, la stricte limitation des attroupements et des rassemblements populaires.
L’autorité provinciale rappelle avec insistance que les conditions actuelles ne sont nullement réunies pour autoriser des manifestations de rue susceptibles de drainer des foules importantes et de favoriser ainsi la propagation du virus. Il s’agit, selon l’esprit de la correspondance, d’une mesure conservatoire et responsable visant à préserver la santé publique et l’ordre public, conformément aux directives du gouvernement central dans la lutte contre Ebola.
Au-delà des raisons sécuritaires et sanitaires, l’analyse de la correspondance révèle un autre argument de taille soulevé par le gouvernorat : le défaut de l’identité ,qualité et le mandat des signataires de l’annonce,ni le cas échéant, la personnalité juridique et la qualité de représentations des structures dans lesquelles ils déclarent agir. ce qui fragilise davantage leur démarche aux yeux de l’autorité.
Loin de fermer la porte au dialogue, le gouverneur Jean Bakomito Gambu privilégie la voie de la concertation. Il a, dans la même correspondance, invité les représentants légalement reconnus de la société civile et de la jeunesse à une séance de travail et d’échanges ce mercredi 09 septembre à 13h00 précises dans son cabinet de travail pour tabler ouvertement sur la situation sécuritaire et sur toutes les préoccupations soulevées.
Cette main tendue de l’exécutif provincial, reste à savoir si les forces vives invitées répondront à cette invitation au dialogue ou si elles maintiendront la pression, au risque de braver l’interdiction formelle du gouverneur.
Jérémie Gérôme